Toute reforme du système éducatif, c’est rien qu’une réponse à des nécessités d’évolution de la société. Le royaume du Maroc a connu plusieurs reforme de son système éducatif, la dernière reforme structurelle à l’opposé des reformes conjoncturelles a été initié en l’an 2000, en raison d’un bon nombre de défis internes et externes .
Alors sur quoi porte cette reforme, a-t-elle pu réussir à atteindre les objectifs escomptés, et qu’elles sont ses points forts et ses points faibles ?
Cet article va être ainsi structuré en trois partis, la première portera sur les raisons qui ont poussés à faire cette reforme, une deuxième partie qui concerne les points forts réalisés dans le cadre de cette reforme et la troisième partie concernera les faiblesses qui ont minées cette reforme.
1) La nouvelle reforme : Défis internes et externes.
Pour les défis internes, ils sont en nombre de trois. Premièrement, il s’agit du contexte interne de l’école qui a changé au cours de ces derniers années en terme institutionnel, économique, social et culturel et par conséquent une obligation supplémentaire de l’école de véhiculer des valeurs de tolérance et de dialogue afin de construire le bon citoyen de demain capable de vivre dans une société qui se veut démocratique.
Pour le deuxième défis interne, il consiste sur l’école marocaine en elle-même, le but est alors d’améliorer sa fonction d’éducation, de socialisation et de qualification.
Alors que pour le troisième défis qui a poussé a la réalisation de cette reforme, on évoque le but de la démocratisation de l’école marocaine, en essayant ainsi de garantir à chacun des chances égales de réussite ; un défis qui a resté historiquement, tellement insurmontable pour l’école marocaine.
Par ailleurs, il y’a un bon nombre de défis externes, mais il y’a deux qui sont assez importants.
Premièrement, il y’a cette mondialisation galopante que le Maroc en n’échappe plus et qui nécessite une très bonne formation des apprenants mais aussi le développement de leurs capacités d’avoir une mobilité professionnelle, ce qui se traduit par une flexibilité de l’emploi si on utilise les termes de la gestion des ressources humaines.
Deuxièmement, il y’a aussi le défis des TIC et par conséquent l’économie de savoir et ses exigences en terme de formation de l’élément humain, ce qui amène l’école marocaine à intégrer les nouvelles technologies de l’information et de la communication comme moyen didactique contribuant non seulement à un meilleur apprentissage mais aussi comme compétence technologique à construire pour l’homme marocain de demain.
2) La nouvelles reformes et ses retombés positifs.
Une nouvelle reforme structurelle a vu le jour portant le nom de la charte national de l’éducation, élaboré par la commission spéciale d’éducation-formation et qui a pu prendre corps à travers la participation des différents operateurs intéressés par l’école marocaine.
Cette charte est composée en deux parties :
La première partie, intitulée principes fondamentaux est divisés en quatre sections et qui sont :
• Fondements constants.
• Finalités majeurs.
• Droits et devoirs des individus et des collectivités.
• Mobilisation nationale pour la rénovation de l’école.
La deuxième partie intitulée « espaces de rénovation et leviers de changements » regroupe six espaces, comprenant dix-neuf leviers de changements et qui sont :
• L’extension de l’enseignement et son ancrage à l’environnement économique.
• L’organisation pédagogique.
• L’amélioration de la qualité de l’éducation et de la formation.
• Les ressources humaines.
• La gouvernance.
• Le partenariat et le financement.
Cette charte représente une étape essentielle dans la reforme de l’enseignement au Maroc puisquec’est la première fois au Maroc que les objectifs de l’enseignement sont bien définis, compte tenu qu’avant l’an 2000, l’école marocaine avait pour principale mission la formation des élites dont l’état avait besoin mais aussi la main d’œuvre nécessaire pour le fonctionnement de l’économie, alors que désormais l’enseignement au Maroc devient un droit que l’état doit obligatoirement satisfaire au moins jusqu'à 15 ans.
Parmi les points forts que cette reforme a pu mettre en place, on peut citer :
• La reforme institutionnelle, organisationnelle et éducative de l’école marocaine.
• L’obligation d’un enseignement primaire pour l’enfant marocaine, tout en essayant de l’organiser.
• Mettre les premiers jalons pour un très bon enseignement privé.
• L’établissement des académies régionales de l’éducation et de la formation.
• L’établissement de la fondation Mohammed 5 de promotion des œuvres sociales de l’éducation-formation.
• La reforme des curriculums et l’adoption d’une nouvelle approche dans l’élaboration des manuels scolaires.
• L’élargissement de l’utilisation de la technologie dans l’école marocaine et l’adoption par l’ancien gouvernement du programme qui porte le nom de « génie ».
3) La nouvelle reforme : points faibles et problèmes.
Parmi les points faibles quand peut signaler, on cite :
• Une mauvaise évaluation des différentes composantes du système éducatif marocain, ce qui ne permet pas de créer un esprit de responsabilisation et d’endossement des actes par ces différents protagonistes et par conséquent l’absence de motivation qui représente le moteur de toute activité humaine.
• L’absence d’une bonne gouvernance au niveau des académies régionales de l’éducation et de la formation, ce qui n’a pas permis l’application d’une politique de proximité et par conséquent la non considération des priorités régionales de l’école.
• Difficulté de la mise en œuvre de la gestion centrée sur les résultats.
• La somme financière assez faible allouée à la réalisation des objectifs fixés par cette charte.
• La rentabilité de l’enseignant dans l’école public marocaine qui reste en deca des espérances et des objectifs fixés par cette charte.
Tous ces points faibles, problèmes et échecs ont été reconnu par les hauts responsables du système éducatif marocain, et on pense particulièrement à Mme Labida , ancien ministre d’état chargée de l’enseignement scolaire.
Des problèmes qui n’ont pas permis la réalisation en grand partie des objectifs ciblés par cette charte, ce qui a amené le conseil supérieur d’enseignement à publier en 2008 un rapport important sur la réalité de l’enseignement au Maroc.
Ainsi une nouvelle reforme ou plutôt un nouveau souffle a vu le jour. Alors de quoi s’agit-il exactement ? Est ce qu’il a réussi ? Qu’elles sont ses points forts et ses points faibles ? C’est ce qu’on essayera de décortiquer dans les prochains articles.
Bibliographie raisonnée
• Abdelkrim Gherib, Al Manhal Attarbaoui, dictionnaire thématique, encyclopédique des notions et concepts pédagogiques, didactiques et psychologiques, Editions Le monde de l’éducation, 2006.
• Ministre de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, la « charte nationale d’éducation et de formation ».
• Ministre de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, le « Guide de la pédagogie de l’intégration dans l’école marocaine ».